Le blues des DRH

Le blues des DRH

Selon une étude publiée récemment par l’Observatoire Cegos, les responsables des ressources humaines ne sont pas très heureux de leur situation en France. La plupart des DRH considère en effet travailler davantage sur des tâches opérationnelles plutôt que stratégiques, à leur grand désarroi.

Devra-t-on bientôt considérer les métiers de la fonction RH comme pénibles ? C’est ce qu’on pourrait croire en lisant les résultats de cette étude, portant sur près de mille salariés et 250 responsables au sein de DRH d’entreprises de 100 personnes ou plus. Le bilan est sans équivoque : les DRH n’ont pas le moral !
Pourtant, les personnes interrogées déclarent aimer leur métier. Plus de 80% d’entre eux déclarent vouloir rester dans leur fonction pour les cinq ans à venir. Les problèmes se situent donc ailleurs.

Cegos Radioscopie Des DRH par Anne Rodier

Une mission peu claire

Tout d’abord, il y a un sentiment d’incompréhension entre la mission qu’ils ont, c’est-à-dire d’accompagner les salariés dans leur développement professionnel et la réalité de leur travail au quotidien. Ils déclarent en effet se sentir relégués au second plan. 59% disent que la fonction RH au sein de leur société est davantage technique que stratégique.

Un malaise d’ordre moral

Alors qu’ils se sentent capables d’apporter de vraies solutions pour aider leur entreprise, ils ont le sentiment d’être davantage chef de projet ou spécialisés sur des questions juridiques.
Désormais, les professionnels des RH consacrent un tiers de leur temps (40% dans la fonction publique) à gérer des tâches admiratives sans réelle valeur ajoutée. Ce chiffre n’était que de 13,5% en 2012 ! Même si l’informatisation permet de gagner du temps sur certaines opérations, la complexité des lois sur le travail alourdit ce champ d’activité.
En outre, beaucoup de DRH affirment avoir des conflits moraux dans l’exercice de leur fonction. Près de la moitié d’entre eux (46%) avouent agir contre leur sens de l’éthique ! Ce chiffre considérable a connu un véritable bond depuis quelques années. Il n’était « que » de 37% en 2012. Le métier de DRH impose en effet d’accepter des méthodes de gestion impitoyables pour les salariés, de mettre en place des licenciements ou de conduire les négociations avec les partenaires sociaux d’une façon qui contrevient à leurs valeurs.

Les DRH jugés sévèrement par leurs collègues

Selon l’étude, les salariés des entreprises jugent sévèrement cette position intenable des DRH. Leur note de confiance à l’égard de la profession n’est que de 5,6 sur 10. Tout juste la moyenne !
Un manque de courage que les salariés ont du mal à leur pardonner, comme en atteste la médiocre note de confiance qu’ils leur attribuent : seulement 5,6 sur 10 ! Peut-être que les DRH pourraient-ils remonter dans l’estime des salariés s’ils étaient davantage positionnés dans l’entreprise comme la fonction pivot, qui fait le lien avec toutes les parties prenantes internes ? 65 % des salariés attendent avant tout de leur DRH un respect des engagements et un vrai sens de l’écoute.

De leur côté, les DRH mettent en avant leurs qualités de négociation, leur vision stratégique et un certain pragmatisme. De quoi affirmer la légitimité de leur place en entreprise, tout en se posant les bonnes questions : quel est le sens de mon métier ?

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